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Supervision d’équipe : œil d’Horus ou oreille d’éléphant ? - DE LA COMMANDE A LA DEMANDE ou du risque collusif

DE LA COMMANDE A LA DEMANDE ou du risque collusif

L’intervenant extérieur est mandaté par la structure pour animer ces séances de travail dans le but d’optimiser les atouts de l’équipe. En choisissant de parler d’autopoïèse, j’ai voulu mettre l’accent non seulement sur les acteurs (ceux qui, au quotidien, agissent pour permettre au sujet d’advenir), j’insiste aussi et surtout sur les auteurs (ceux qui produisent des assertions). En effet, le superviseur ne connait le public et l’organisation institutionnelle autrement que par ce qu’en disent les participants, et c’est ce dire qui constitue le matériau d’échange. «L’acte symbolique de nomination des compétences d’une personne lui assure un territoire symbolique et sociotechnique où ses assertions sont prises au sérieux et où elle a le droit d’agir» (Roelens, 1998, p. 124).

Il s’agit de transformer les évocations de chaque membre du groupe, dans sa relation avec le public accueilli, en informations pertinentes pour lui permettre de mieux s’orienter dans sa pratique. Nous sommes en quelque sorte dans une opération à double mécanisme : mettre en place un travail d’auto engendrement car en informant l'intervenant extérieur sur ses conduites éducatives, le professionnel s'informe lui-même sur ce qu'il a réellement fait, pour rendre intelligible, compréhensible son action. Toute cette mise au travail semble s’inscrire comme un système à double opération : partir des informations anecdotiques, fragmentaires parfois morcelées de l’ordre du pluridisciplinaire pour mettre en exergue les informations pertinentes transdisciplinaires transversales de l’ordre du théorico-clinique. Ce partage est réalisé par l’échange entre les participants avec l’intervenant extérieur et entre les membres du groupe.

C’est la structure qui sollicite le superviseur, elle paie et peut créer un rapport d’allégeance. Le coup horaire varie entre 75 et 200 euros. Son impact est du même ordre qu’une cure analytique. Le coup investit par l’établissement témoigne de la portée qu’on accorde à la parole des acteurs et des auteurs qui produisent des savoirs qui donnent à l’institution toutes ses lettres de noblesse. L’intervenant extérieur est témoin privilégié d’une phénoménologie de l’acte et du verbe.

Le risque d’instrumentalisation existe. Des phénomènes de disqualifications professionnelles peuvent s’insinuer par effraction, des agies meurtriers peuvent s’énoncer, des conflits peuvent végéter dans la sphère institutionnelle. Il s’agit alors de garder le cap : favoriser l’émergence d’une créativité individuelle et groupale.« Lorsqu'un groupe professionnel parvient à se vivre comme suffisamment créatif lorsque son narcissisme groupal est fondé sur la qualité des prises en charge qu'il réalise auprès des « usagers »(le soin, l'accompagnement), chacun peut se reconnaître dans ses appartenances (à son équipe, à son service, à son institution en tant que cadre intériorisé). Les dynamiques persécutrices peuvent alors être maintenues dans une distance « suffisante », elles n'envahissent plus l'ensemble des espaces et n'empêchent pas la centration sur la tâche primaire, l'indispensable prise en charge des « usagers » » (Georges Gaillard, 2009)

L’instrumentalisation subvient lorsque des clivages apparaissent entre la commande institutionnelle et la demande intrinsèque des professionnels. On assiste aussi à des clivages entre les membres de l’équipe qui adhèrent à la commande et ceux qui s’en écartent pour aborder leur propre équation dans ce qui va apparaître comme une tentative de se préserver de l’emprise d’un discours disqualifiant. Quand la règle de confidentialité n’est pas respectée c’est le signe que la circularité de la parole est empêchée par un non-dit qui opère en négatif et en creux.

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Auteur

Georges NTSIBA

Titulaire d’un diplôme d’études supérieures spécialisées DESS en ingénierie et stratégie en formation d’adultes, d’un DEES, d’un DEA en sciences de l’éducation et d’un Doctorat, option psychologie de l’éducation, Membre de l’équipe d’Accueil PROFEOR ( UFR, Sciences de l’Education, Université de Lille3), formé à l’analyse transactionnelle, formation niveau 2ème cycle en psychologie.

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