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Supervision d’équipe : œil d’Horus ou oreille d’éléphant ? - Mise en bouche ou rituel de départ

Mise en bouche ou rituel de départ

La première séance est déterminante. Ce n’est pas la première rencontre avec l’établissement. Au départ l’intervenant extérieur se doit de respecter l’homéostasie institutionnelle pour faciliter l’affiliation à une préoccupation exprimée par une personne représentant une légitimité. La question qui concerne la composition des groupes, voire leur constitution, incombe à ceux ou celui qui porte la demande de l’institution. J’ai généralement été sollicité par le directeur ou le chef de service. L’institution est donc invitée à se situer en position de garantir les conditions de réalisation et à faciliter la contribution de chacun au travail qui va s’amorcer. Il peut arriver que le cadre proposé comporte des tensions contradictoires (volontariat, localisation de la salle, présence ou non de la hiérarchie, participation financière, liste d’émargement, la durée de la séance, etc.).
Quelle que soit la décision prise en termes de modalités de participation, la première séance permet de demander à chaque membre du groupe d’expliciter son engagement. Par rapport à la demande de supervision de l’institution, il s’agit de repérer qui demande quoi, pour qui et pourquoi maintenant. Ce moment est présenté comme un espace de découverte mutuel. Il est destiné à favoriser l’affiliation au travail qui va s’amorcer et présuppose que chaque participant adhère aux règles de fonctionnement fixées d’emblée comme règles du groupe. Ce cadre requiert l’engagement à : la confidentialité, la bienveillance, l’assiduité, le fait que cet espace de travail ne soit pas un espace décisionnel, qu’il soit centré sur la manière dont chacun vit sa pratique professionnelle etc.

Le cadre du déroulement des séances étant fixé, chaque participant est invité à exprimer ses attentes concernant ce travail afin d’expliciter ses intentions. Dès cette première séance, je demande un récit de trajectoire : qui suis-je ? Il s’agit de permettre à chacun d’indiquer d’où il parle : quel métier, quelle formation, quelles expériences, quelle ancienneté ?. . A chaque récit, je me permets d’intervenir pour obtenir des éléments de singularité. Cette présentation de soi se conclut par une question de définition : comment désignez-vous ce travail et quel en est l’intérêt ? Ce récit de trajectoire, je le réalise pour moi-même pour annoncer d’emblée que je ne serai pas dans une lecture unique, fort d’une expérience professionnelle de 35 ans, ponctuée par plusieurs formations au carrefour du soin, de la pédagogie et de la psychologie, et nourri par trois champs : la praxéologie, la phénoménologie et l’ethnologie.

Dès les premières séances, les attentes se dessinent, la demande réelle se profile soit à demi-mots, soit à travers les métaphores, soit dans des tensions d’emblée perceptibles.

Je commence chaque séance en demandant : «Quelle situation ou question souhaitez-vous évoquer aujourd’hui ?»
Après avoir pu exposer suffisamment une situation, je demande au(x) participant(s) de préciser quelle question elle leur pose et ensuite s’il(s) souhaite(nt) la travailler.
Lorsque les échanges dans le groupe se sont déroulés, mais que les objectifs demeurent flous, je demande : « Qu’est-ce qui vous ferait dire que ça vous aura été utile d’avoir parlé ici de cette situation ? » « Que souhaitez-vous qui soit différent pour vous par rapport à maintenant dans une heure ou deux ? » Ces questions permettent d’une part de préciser les objectifs des participants mais aussi de visualiser les solutions.

La nécessité de créer une continuité induit deux enjeux
• D’une part, la reprise systématique des situations d’une séance à l’autre. Je commence chaque séance de supervision en demandant : «Qu’est-ce qui a changé depuis la dernière supervision?» Cette question qui induit qu’un changement s’est produit dans la situation professionnelle évoquée précédemment permet aussi de recueillir des informations sur l’éventuelle évolution du contexte institutionnel.
• D’autre part la description détaillée des situations qui ne posent plus problème, quand «ça va» : «Qu’est-il important pour vous de continuer de faire, voire d’amplifier pour maintenir le « changement » ?
La supervision n’est à mon sens pas le lieu où seules les situations problématiques doivent être abordées. C’est ce que j’énonce en présentant le cadre de mon intervention.

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Auteur

Georges NTSIBA

Titulaire d’un diplôme d’études supérieures spécialisées DESS en ingénierie et stratégie en formation d’adultes, d’un DEES, d’un DEA en sciences de l’éducation et d’un Doctorat, option psychologie de l’éducation, Membre de l’équipe d’Accueil PROFEOR ( UFR, Sciences de l’Education, Université de Lille3), formé à l’analyse transactionnelle, formation niveau 2ème cycle en psychologie.

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